Qui en veut au Oh La La ? Cette discothèque implantée aux Près-d'Arènes à Montpellier a été visée par un jet de cocktails Molotov ce matin, quarante-huit heures après un incendie d'origine criminelle probablement. Mardi matin, jour de Noël, le feu s'était déclaré dans l'établissement qui était fermé et qui devait abriter un thé dansant l'après-midi. Depuis, une enquête de police était en cours et une origine accidentelle n'était pas écartée, faute d'indices matériels susceptibles de rendre l'origine suspecte. Mais, les investigations des policiers de la sûreté départementale (Sécurité publique) ont pris une autre tournure depuis que deux bouteilles remplies de carburant et munies d'une mèche ont été volontairement enflammées et jetées ce matin vers l'établissement. L'un a entraîné un début d'incendie dans la partie épargnée par l'incendie de mardi, tandis que l'autre a attéri sur le parking, près de la façade du Oh La La, ne provoquant pas de dégâts.
Bombe désamorcée
Deux experts étaient sur place aujourd'hui,un du service régional de police technique et scientifique, l'autre spécialisé en recherche des causes d'incendie du laboratoire interrégional de Marseille, qui analysera les produits de confection artisanale. Dans les deux cas, les dommages sont importants, mais l'intérieur du complexe bar/discothèque, anciennement le Diamond's, a surtout subi des dégâts dûes au dégagement des fumées noires sur environ 400 m2 au total. Qui en veut donc au Oh La La ? Les enquêteurs se posent cette question. Pour l'heure, au stade actuel de l'enquête, aucun lien ne peut être établi avec d'autres évènements identiques, comme l'épisode du jour du réveillon du nouvel an de l'année dernière : une bombe prête pour exploser à 21h30 et faite pour tuer selon le procureur de la République de Montpellier avait été découverte quelques heures plus tôt, par hasard par le vigile d'un club échangiste mitoyen du Oh La La.
Concurrence locale ?
L'auteur présumé, arrêté le mois dernier grâce à deux traces ADN laissées, une sur le pain de plastic, l'autre sur le sac ayant renfermé la bombe, mis en examen pour "tentative d'assassinat" et écroué, est un des concurrents de ce club qui est copropriétaire d'un complexe échangiste sur le littoral, près de Montpellier. Il est aussi le cogérant d'un complexe bar/boîte de nuit avec thés dansants à Saint-Jean-de-Védas. Et puis, il y a eu ces derniers jours des attentats à l'explosif qui ont été déjoués contre deux boîtes échangistes de La junquéra, en Espagne, pas très loin de la frontière française du col du Perthus, établissements de prostitution également. Le milieu de la région cherche-t-il a mettre la main sur ces discothèques ? Les deux actes qui ont visé le Oh La La sont-ils signés de concurrents locaux qui ont adressé des avertissements ? De clients refoulés ? Les responsables auraient assuré aux policiers n'être ni victimes de racket, ni avoir d'ennemi...Mystère.
Jean-Marc AUBERT
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