INFO SCOOP 34
Un ex-galeriste ayant pignon sur rue à Montpellier et ses trois enfrants -dont un a été interpellé à Vias- ont été placés en garde à vue mardi à la division économique et financière du SRPJ de Montpellier, après une dénonciation faite ces derniers mois au procureur de la République de Montpellier par Tracfin (Traitement du renseignement et action contre les circuits financiers clandestins), un service de lutte contre le blanchiment d'argent sale rattaché au ministère de l'Economie et des Finances doté de 80 agents, lui même alerté par la banque qui s'étonnait de l'existence de mouvements de fonds très importants sur les comptes. L'ex-tenancier d'une galerie d'art et ses enfants perçoivent de faibles revenus (RSA notamment, allocations familiales et d'adulte hanbdicapé pour le père, déjà connu de la Justice d'ici), mais possèdent des comptes bancaires bien remplis, avec des dépôts de chèque et en numéraires très élevés, ce qui a fini par attirer l'attention des responsables de cette agence bancaire.
Pas de facture
Les "limiers" de la PJ ont découvert que l'ex-commerçant qui avait officiellement arrêté ses activités les poursuivaient au noir avec ses fils, en achetant à bas prix des centaines de tableaux et de toiles d'artistes contemporains ou moins contemporains, dont certains très connus des amateurs d'oeuvres picturales. Des dizaines de tableaux prêts à être vendus ont d'ailleurs été retrouvés au domicile respectif de l'ex-galeriste et de ses enfants, quelques uns ont été saisis pour vérifier s'ils ne sont pas volés, ce qui a été semble-t-il exclu. Tout le monde y trouvait son compte : les artistes qui cédaient des oeuvres "sous le manteau", hors circuit officiel des galeries d'art, des toiles vendues à des tarifs cassés sans facture à l'ex-galeriste et ses trois fils, qui les revendaient un peu plus chers auprès d'une clientèle attitrée, un trafic entre amis qui durait depuis plusieurs années.
Notables
Les policiers du SRPJ ont découvert que des notables de Montpellier et de la région avaient déjà acquis des tableaux d'artistes connus et moins connus, à des prix défiants toute concurrence, en tout cas beaucoup moins cher que les tarifs pratiqués officiellement dans le circuit des galeristes d'art. Ainsi, des magistrats, des avocats, des médecins, des propriétaires de bars et de retaurants, de grands chefs d'entreprise qui ont été identifiés devraient être prochainement entendus par les enquêteurs. Se doutaient-ils de la provenance clandestine de ces toiles ? Ces activités occultes auraient rapporté 250 000 euros à cette petite entreprise familiale florissante, une somme qui ne serait que provisoire au stade actuel des investigations supervisées par le procureur de la République de Montpellier.
Jean-Marc AUBERT
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